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Agriculture sans pesticides: les fausses promesses du bio. Gil Rivière tape fort avec son livre "Bio, fausses promesses et vrai marketing"

Par Jean Moullart | Publié le 14 Mars 2011 à 11:05
Agriculture sans pesticides: les fausses promesses du bio. Gil Rivière tape fort avec son livre "Bio, fausses promesses et vrai marketing"
Fruit d’une longue enquête, le dernier livre de Gil Rivière-Wekstein qui a pour titre "Bio, fausses promesses et vrai marketing" fait voler en éclats certaines idées reçues sur l’agriculture biologique. "Oui, l’agriculture biologique utilise des pesticides. Oui, elle a recours à des molécules préoccupantes. Oui, certaines pratiques dans le bio peuvent contribuer à la mort des sol" affirme son auteur. Il prend le cas du cuivre et de la roténone massivement utilisés en agriculture biologique et qui commencent à être remis en cause. De quoi clouer le bec à Isabelle Autissier, François Veillerette, le docteur Laurent Chevallier, Nicolas Hulot ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, Noël Mamère, Isabelle Saporta... et autres agitateurs politico-médiatiques.
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Le terme « bio » renvoie à une image de produit naturel et sain. Il est ainsi paré de toutes les vertus et, fort logiquement, ponctue les discours des politiques, des publicitaires et des associations écologistes. Pas un propos lié à l’environnement où il ne soit question de « bio ». Il faut manger, vivre et penser « bio ». Plus surprenant, c’est qu’il n’y avait pas encore eu d’enquête approfondie sur ce sujet. Le livre de Gil Rivière-Wekstein entend combler cette lacune et passe au crible les trois promesses du bio :

-  il serait meilleur pour la santé ;

-  il respecterait davantage l’environnement ;

-  il encouragerait le développement de la petite agriculture.

 

 

Les conclusions de l’auteur, à contre-courant de l’«écologiquement correct», sont sans appel : le bio n’est pas à la hauteur de ses promesses, pourtant claironnées par une véritable campagne de marketing. Même les qualités gustatives ne sont pas au rendez-vous. Comme le rappelle Jean de Kervasdoué dans sa préface, « en aveugle, même les experts avertis ne font pas la différence entre un produit bio et un produit qui ne l’est pas. L’auteur souligne d’ailleurs en passant que, pour le vin notamment, le label bio ne garantit en rien les qualités gustatives de ce précieux nectar ».

 

 


Mais Gil Rivière-Wekstein a poussé son investigation plus loin. Pendant plus de deux ans, il a réuni les différents éléments pour retracer les origines du bio qui remontent bien avant le Grenelle de l’Environnement. Il révèle que les racines du bio s’enfoncent dans une terre bien sombre. Avant de prendre des accents altermondialistes, le bio a en effet longtemps été l’apanage des milieux agrariens réactionnaires et hygiénistes dans les années trente, des adeptes de « la terre qui ne ment pas » dans les années quarante, puis du poujadisme dans les années cinquante. C’est dans cette plongée au cœur de ses fondements historiques et idéologiques, mêlés de théories ésotériques sur de mystérieuses « forces vitales », que nous emmène Gil Rivière-Wekstein.

Avec Bio, fausses promesses et vrai marketing, Gil Rivière-Wekstein ouvre un débat nécessaire, alors qu’il semble tellement naturel de consommer bio à tout prix. L’agriculture biologique doit se sauver d’elle-même, de son idéologie comme de son cahier des charges de production, aujourd’hui obsolète. L’évolution de la réglementation sur les pesticides naturels utilisés en agriculture biologique conduit les producteurs bio dans des impasses techniques et économiques (usage du cuivre à outrance et de la roténone). Dans le même temps, la société industrielle, que les pionniers de l’agriculture bio rejetaient, profite aujourd’hui de son développement. Elle pourrait aussi l’enterrer prématurément. Or, l’agriculture biologique a sa place sur l’échiquier agricole : celle d’une production de qualité, à l’image de certains labels, ou d’une production plus spécifique de produits hors du commun. L’avenir du bio s’écrit aujourd’hui. Il pourrait passer par les biotechnologies…

 


Plus qu’un livre polémique, l’ouvrage de Gil Rivière-Wekstein cherche à réconcilier toutes les agricultures, sans sectarisme ni a priori.

 

 

 

 


Bio : fausses promesses et vrai marketing, Gil Rivière-Wekstein, en collaboration avec Valérie Rivière-Wekstein, Le Publieur, 248 pages, ISBN 978-2-35061-0184, 19€

Diffusion Le Publieur, Distribution VOLUMEN. Parution en librairie le 4 avril.

Préface de Jean de Kervasdoué.


 

 

 

 

 


A propos de Gil Rivière-Wekstein

Gil Rivière-Wekstein est le fondateur de la revue mensuelle Agriculture et Environnement (A&E). Spécialiste des questions agricoles et environnementales, il a déjà publié Abeilles, l’imposture écologique. Il est membre de l’Association française des journalistes agricoles (AFJA).

 


A propos de Jean de Kervasdoué

Jean de Kervasdoué est professeur d’économie au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et membre de l’Académie des technologies. Ingénieur agronome de l’institut national agronomique Paris-Grignon, il est également l’auteur de La peur est au-dessus de nos moyens, et Les prêcheurs de l’apocalypse, pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires.




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