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L'association Générations Futures dénonce « un retour en force du lobby pro-OGM »

Par Jean Moullart | Publié le 29 Novembre 2013 à 02:05
L'association Générations Futures dénonce « un retour en force du lobby pro-OGM »

François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, Corinne Lepage, député européen (parti « Cap21 »), le Professeur Gilles-Eric Séralini et Joël Spiroux Président du CRII-GEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie GENétique), dénoncent les pressions aboutissant à la dépublication de l'étude du Professeur Séralini sur les rats nourris avec des OGM de la revue « Food and chemical toxicology »* (groupe Elsevier). Cette dernière reconnait pourtant qu’il n’y a eu aucune fraude ni erreur dans les données de l’étude, conditions uniques pour qu’une étude soit dépubliée. Pour rappel, le 19 septembre 2012 sortait l’étude, in vivo, de GE Séralini sur l’impact des OGM sur les rats montrant aussi que l’herbicide Round-Up GT pouvait être mise en cause dans la survenue accrue de tumeurs ainsi qu’à des taux de mortalité plus élevé que les rats non exposés, et ce à des niveaux très bas, de l’ordre de la Concentration Maximale Admissible (0.1 µ/l). De son côté, le responsable éditorial de la revue « Food and chemical toxicology », à l'origine du retrait de l'article, met en cause à la fois le nombre de rats dans chaque groupe étudié ainsi que la race choisie pour l'expérimentation (race "Sprague Dawley"). Race de rats qui, selon lui, est beaucoup plus prédisposée aux tumeurs mammaires que les autres races.

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La publication dans la revue « Food and chemical toxicology » de l'étude du Professeur Seralini sur les OGM et l'herbicide Round-Up avait fait l’objet de nombreux débats et des saisines en France de l’ANSES et du HCB à l'automne 2012. L'étude avait démontré un risque accru de tumeurs mammaires et d'atteintes hépato-rénales pour les rats nourris avec le maïs OGM, associé ou pas à l'herbicide Roundup. Les conclusions de cette étude avaient été rejetées à la fois par l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Toutefois, cette dernière reconnaissait «l’originalité» de l'étude du Pr Séralini «qui aborde un sujet jusqu’ici peu étudié : celui des effets à long terme des OGM associés aux préparations phytopharmaceutiques » et «recommandait» donc «d’engager des travaux sur ces questions».

Si la revue ne s’est pas rétractée à l’époque malgré les pressions, quelques mois après, début 2013, elle a accueilli un nouveau « rédacteur en chef associé », pour les biotechnologies, en la personne de Richard E. Goodman. Or Richard E. Goodman, professeur spécialiste des allergies alimentaires au Food Allergy Research and Resource program de l’Université du Nebraska, est un ex-employé de Monsanto, où il a travaillé entre 1997 et 2004.

 

« Voilà qu’aujourd’hui la revue décide de dépublier l’étude de GE Séralini dans un climat de retour en force du lobby pro-OGM. En effet récemment, la Commission européenne a proposé pour la première fois depuis 1996 d’autoriser la culture du maïs TC1507 de Pioneer, malgrè des impacts probables sur l’environnement reconnus par l’Agence européenne de sécurité alimentaire. Nous sommes indignés par une telle décision d’autant qu’elle intervient alors que se négocie en ce moment le futur Traité transatlantique (TAFTA) dont l’enjeu sera aussi la commercialisation à terme de futurs OGM. L’enjeu est clair ici : minorer les risques sanitaires et environnementaux des OGM pour en faciliter son acceptation par les citoyens et donc sa commercialisation sur le territoire européen.» déclare François Veillerette, Porte-Parole de Générations Future.

"L'ANSES, dans son avis rendu sur l’étude de GE Séralini, reconnaissait la faiblesse des études sur l’évaluation des effets chroniques à long terme de ces OGM et pesticides. Nous exhortons donc les pouvoirs publics, avant toutes mise sur le marché de ces « semences » et de leurs pesticides, à réaliser des tests chroniques sur les OGM et pesticides afin d’évaluer réellement leurs impacts» ajoute-t’il.

 

 

 

1 http://www.generations-futures.fr/ogm/etude-ge-seralini-sur-les-ogm-generations-futures-reagit/

2 Pour plus d’informations sur M. Goodman lire http://www.independentsciencenews.org/science-media/the-goodman-affairmonsanto-targets-the-heart-of-science/

3 http://www.generations-futures.fr/ogm/un-deuxieme-mais-ogm-sur-le-point-detre-autorise-dans-lue-malgre-des-impactspotentiels-sur-lenvironnement/


* « Food and Chemical Toxicology » est une revue scientifique américaine à comité de lecture qui publie des articles dans le domaine de la toxicologie. La revue publie des recherches originales, des articles et des rapports de cas sur des intoxications humaines ou animales.





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