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| Taxe carbone ou finance carbone? Ecrit le 2010-01-11 |
Le réchauffement climatique est bien présent et même plus inquiétant qu’on ne le dit. Le sommet de Copenhague a abouti à un accord, peut-être à minima, et qui reste à construire. La taxe carbone à bien fait «râler» en France et a même été invalidée par le Conseil Constitutionnel. On mesure toute la difficulté à mettre en œuvre cette politique avec une remise en cause de notre vie au quotidien, des enjeux éthiques, financiers… Avec lucidité, nous devrons évoluer vers une agriculture plus économe en énergie, en intrants, des nouvelles pratiques culturales ou conduites d’élevage, des cultures productrices de biomasse. L’agriculture peut ainsi réduire ses émissions de gaz à effet de serre et être rémunérée pour cette réduction en accédant au marché de la finance carbone. La forêt, les prairies, l’enherbement des cultures pérennes, les cultures intermédiaires, le non-labour, les itinéraires simplifiés…permettent le stockage de carbone. Aux Etats-Unis, à Chicago, des agriculteurs américains vendent leurs droits CO2 ainsi acquis sur le marché des crédits carbone. En France, cela serait très facile administrativement à partir de nos déclarations PAC. Jusqu’à présent, les cours du CO2 étaient très fluctuants, voir même très bas selon les marchés. A la mise en place de la taxe carbone, la valeur du CO2 a été fixé à 17€ la tonne en France. En Angleterre ou en Europe du Nord, la valeur du CO2 pour l’application de cette taxe se situe entre 20 et 50€ la tonne et jusqu’à 109€ en Suède, pays précurseur. Un champ immense pourrait s’ouvrir devant nous pour le financement de l’agriculture. La fiscalité écologique (taxes, marché d’émissions, marché d’échange, tarif de rachat d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables…) est un levier très puissant de développement. Encore faudrait-il que l’Etat ne remette pas en cause ses engagements comme il semblerait que ce soit le cas en matière de photovoltaïque agricole (bâtiments)… Tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
Françoise TRUCHON, membre du bureau de la SAF-agriculteurs de France |
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